Comment prévoir un vaste éventail de pièces détachées pour des rames complexes qui sont différentes dans chaque pays ? En les imprimant ! Cette nouvelle approche adoptée par Siemens Mobility permet de réaliser un gain de temps considérable, mais aussi d’améliorer l’efficacité et la durabilité logistique.

Treize trains à la douzaine

Les rames sont extrêmement variées. En effet, chaque pays possède ses propres exigences concernant la hauteur d’accès, l’aménagement, la capacité, etc. en fonction de l’utilisation (InterCity, réseau express, métro).

Cette diversité pose de nombreux défis en termes d’entretien et de réparation. Une société de transport ne peut pas se permettre de laisser des rames en atelier pendant un long moment. Elles doivent pouvoir être utilisées au maximum.

Un entretien et des réparations complexes

Par conséquent, lorsqu’une rame est défectueuse, la panne doit être résolue au plus vite. Pas question d’attendre des semaines une pièce complexe qui doit encore être coulée ou fraisée. De plus, lancer la production pour de petites quantités coûte cher.

C’est pourquoi Siemens Mobility (la division ferroviaire de Siemens) fabriquait jusqu’ici les pièces détachées les plus critiques à l’avance. Leur disponibilité dans les dépôts de maintenance atteignait ainsi presque 100 %. Mais c’était une solution coûteuse, notamment parce que bon nombre de ces pièces n’étaient jamais, ou très peu, utilisées.

Impression de pièces détachées

Siemens a acheté sa première imprimante 3D en 1989. Au terme de multiples tests, le groupe a eu l’idée d’utiliser aussi la fabrication additive pour des pièces ferroviaires critiques en matière de sécurité. Avec succès. Siemens a reçu le feu vert de l’inspection technique (TÜV Süd) et a déjà fabriqué des pièces détachées pour le SkyTrain de l’aéroport de Düsseldorf.

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Le nouveau RRX Rail Service Center de Siemens, qui a ouvert ses portes à Dortmund au printemps 2018, est équipé d’une imprimante 3D industrielle dernier cri pour imprimer les pièces détachées les plus variées. Le délai de livraison des pièces a diminué de 95 % et une commande minimale n’est plus nécessaire.

La SNCB, qui utilise les trains Desiro de Siemens, s’est rendue à Erlangen pour examiner les nouvelles possibilities.

Koen Tampère – Team Coördinator Technisch Tekenbureau & Jan Pijpops – Rolling Stock Engineer : « La visite du site à Erlangen nous a permis d’échanger nos expériences avec Siemens. Nous avions amené quelques modèles 3D de pièces complexes dont nous souhaitons réduire sensiblement le réapprovisionnement ou le temps de production. Chaque modèle a été examiné et les différentes possibilités explorées, car tous les modèles ne se prêtent pas à cette technologie de fabrication. Nous avons décidé d’effectuer quelques tests. Après des essais approfondis en atelier et une évaluation positive par l’équipe technique, nous pouvons installer ces pièces sur notre matériel roulant. »

Un avenir digital

Au cours des prochaines années, Siemens prévoit de mettre en place un réseau d’imprimantes 3D digitales dans quelque 80 sites à travers le monde. Elles seront commandées depuis le centre de compétence pour l’impression 3D à Erlangen. De cette manière, des pièces détachées pourront être imprimées et livrées partout dans le monde en un temps record, afin que les trains soient le moins possible à l’arrêt, même en cas d’imprévus tels que des actes de vandalisme ou des accidents.

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