Automobiliste, cycliste ou piéton, il nous arrive souvent de devoir attendre devant un feu rouge. Des arrêts qui génèrent des embouteillages, mais aussi de la pollution atmosphérique et des rejets de CO2. Le projet pilote mené dans le quartier Sint-Andries par la Ville d’Anvers, le constructeur électronique Siemens et le centre de recherche Imec, vise à démontrer l’impact positif des feux de circulation intelligents sur la fluidification du trafic.

Le carrefour à cinq branches au niveau de l’Institut tropical d’Anvers est l’un des plus fréquentés de la ville. Au milieu de cette intersection où se rejoignent cinq artères principales, un tram file en direction du sud, tandis que les cyclistes slaloment entre les bus, les camionnettes et les voitures. C’est dans cet environnement au cœur du quartier animé de Sint-Andries que la Ville teste, avec le concours d’Imec City of Things et de Siemens, des technologies qui permettront de faire d’Anvers une ville intelligente.

En temps réel

Selon des chiffres récents de l’Agence flamande des Routes et de la Circulation, près d’un feu de circulation sur trois en Flandre est intelligent. Traduction : ils sont pilotés par un algorithme et utilisent des boucles de détection installées sous la chaussée pour anticiper le volume de véhicules en approche. Le feu ne fonctionne plus sur la base du schéma vert-rouge classique et s’adapte en souplesse aux heures de pointe ou aux manifestations..

À Anvers, Siemens et le centre de recherche Imec ont collecté des données sur les flux de trafic quotidiens à Sint-Andries. Geert Nevejan de Siemens Mobility : « Nous avons étudié la fréquence du tram, les heures auxquelles de grands groupes de piétons traversaient, le nombre de voitures qui passaient… Toutes ces informations nous ont permis de prévoir le taux de fréquentation des routes et des passages pour piétons. Ensuite nous avons adapté les feux intelligents en tenant compte de ces calculs. »

Les habitants ont leur mot à dire

L’objectif ultime est de permettre aux feux de circulation de régler eux-mêmes le trafic afin de le rendre plus fluide. Mais en pratique ? « Nous avons procédé à des tests au carrefour situé tout près de l’Institut de médecine tropicale », explique Geert. « Grâce à l’application Talking Traffic que nous avons développée, nous avons établi une connexion 4G entre cinq types d’utilisateurs – du piéton à la voiture en passant par la camionnette – et les feux de circulation.

Chacun a son avis sur qui doit avoir la priorité aux feux, véhicules d’urgence mis à part. Nous avons demandé à six cents habitants de s’exprimer sur différents scénarios, par exemple : un petit groupe de piétons doit-il avoir la priorité sur un grand groupe de voitures ? »

Moins de temps d’attente au quotidien

Les premiers résultats du projet pilote sont prometteurs. « Les automobilistes doivent attendre moins longtemps. Tout comme les bus, qui sont moins souvent bloqués au rouge. L’impact sur la qualité de l’air est énorme. Par contre, nous avons constaté avec surprise que le tram devait s’arrêter plus souvent. Nous allons donc devoir encore un peu modifier nos algorithmes. »

À l’avenir, les partenaires vont aussi étudier la manière de protéger les usagers faibles au moment où ils traversent la chaussée. Une des pistes serait de procurer aux grands groupes d’élèves ainsi qu’aux personnes âgées ou à mobilité réduite un émetteur capable d’établir une connexion avec le feu afin qu’il reste plus longtemps au vert pour eux.

Futuriste ?

Bien que le projet porte surtout sur la collecte des données et les tests, le futur est plus proche qu’on ne pense. Geert Nevejan : « Cela peut sembler un peu futuriste aujourd’hui, mais les feux de circulation intelligents équipés de communication sans fil pourraient très bien devenir la norme d’ici peu. D’autant que les adaptations à faire sur les installations existantes sont minimes. Pour l’instant, nous n’avons fait que des essais sur de petites distances, mais des axes très fréquentés pourront bientôt être pilotés à grande échelle par un algorithme auto-apprenant. » Les usagers de la route auront également un rôle beaucoup plus actif à jouer. « Grâce à leur smartphone, ils pourront partager leur destination avec le feu de circulation, ce qui évitera de le faire passer au vert inutilement. »

Lisez l’opinion de l’échevin anversois de mobilité Koen Kennis

Cet article a été réalisé en collaboration avec Susanova.