Situé dans ses bureaux du Rempart des Vierges, face à l’écrin de verdure du Parc Louise Marie, le Service Technique du Patrimoine Immobilier de la Province de Namur supervise la consommation énergétique des bâtiments provinciaux au niveau du HVAC. Quelque 80 sites sont gérés techniquement sous tous les aspects, dont des écoles, des internats, le domaine de Chevetogne, des bureaux administratifs, des musées, etc. La Cellule Énergie du Service Technique se concentre depuis dix ans sur la façon d’économiser au maximum les coûts énergétiques des installations de chauffage, de refroidissement et de climatisation des divers sites. Les types de systèmes étaient légion : différentes chaudières, différents capteurs, différents régulateurs… Sans compter la manière disparate de gérer ces installations par un personnel local qu’il fallait acquérir à l’idée du pilotage distant avec, en plus, une rationalisation du nombre de systèmes.

Défis et solutions

Il y a dix ans, les 80 sites étaient gérés localement sans que l’administration centrale de la Province puisse cartographier exactement l’énergie consommée par chacun d’eux. Une première tentative avait été faite dans ce sens en centralisant les factures énergétiques site par site pour les comptabiliser. Cette information devait permettre de situer les points névralgiques et de donner un axe vers lequel s’orienter pour établir une liste des sites prioritaires à mieux piloter. La gageure tenait au matériel très disparate pour la régulation HVAC et au nombre restreint de personnel disponible pour effectuer une gestion professionnelle et efficace de l’ensemble des sites. Ces derniers regroupent principalement des chaufferies mais également, en moindre quantité, des groupes de climatisation, du chauffage électrique… La solution qui s’imposait était de mettre en place une télégestion centralisée et flexible, interfacée avec des systèmes de régulation décentralisés autorisant une communication via le web afin de limiter les coûts de câblage et de communication. C’est lors d’un salon professionnel que la Province avait vu les réalisations d’un partenaire certifié Siemens. Par la suite, des essais concluants avaient été réalisés à l’école de Seilles.

À la recherche d’un système

Une analyse du marché de l’époque mettait en exergue les avantages du système SYNCO – dédié à des petits et moyens systèmes de régulation (préprogrammés) et de supervision – capable de remplacer avantageusement le matériel obsolète. L’architecture qui se dessinait intégrait les nouveaux régulateurs, posés sur rails DIN, s’interfaçant entre eux par le biais d’un bus KNX et dialoguant avec le système central via des serveurs web configurés et installés par des partenaires solutions. Actuellement, 23 des 80 sites regroupant 85 chaufferies sont connectés à la gestion technique centralisée, ce qui permet de gérer la moitié de la puissance totale de chauffage des sites. Par ailleurs, le KNX étant un standard, il autorise la connectique avec du matériel de provenance diverse.

De l’ancien au nouveau

Rationaliser était le maître mot dans la stratégie de rénovation des systèmes HVAC. La décision avait été prise de standardiser au niveau des capteurs à connecter sur le système SYNCO et de la régulation par ce dernier. Lors du remplacement de chaudières, les fournisseurs étaient invités à se limiter à fournir le matériel de régulation basique, sans aucun système de pilotage local sophistiqué. En effet, ce pilotage serait fait à partir de la GTC dont la gestion serait centralisée à partir de la cellule énergie de Namur. L’introduction systématique de sondes d’ambiance devait en outre autoriser un paramétrage distant de la régulation, local par local. Ces derniers font fréquemment partie de bâtiments dont l’occupation est intermittente : bureaux, écoles, centres de formation… Dès lors, l’avantage de la GTC se précisait. À l’heure actuelle, les fonctions intelligentes de la GTC sont utilisées à bon escient. Des sondes extérieures autorisent les mises en marche/arrêts optimisés en fonction des conditions météorologiques. Des programmes horaires/hebdomadaires/annuels sont configurés au cas par cas suivant un agenda communiqué par les directeurs de centres. Comme pour tout système de GTC, c’est le réglage du facteur d’utilisation (« duty cycling ») qui a conduit aux premières économies d’énergie importantes. Pour un taux d’occupation connu, la puissance de chauffe est réduite petit à petit jusqu’à l’obtention d’un confort optimal pour une consommation minimale.

Réduire les émissions carbone

Depuis l’intégration du système SYNCO, auquel s’ajoutent le remplacement de chaudières et de meilleures isolations, la consommation en gaz est passée de 22,5 GWh à 16 GWh. L’avantage marquant de la GTC est de pouvoir à tout moment signaler les pannes, dérogations, dérives… et autoriser les interventions préventives. Le système est régulièrement évalué dans son évolutivité en raison de l’analyse critique que fait le comité de pilotage de la Province pour la réduction des émissions carbone.

Mariage parfait de maintenance humaine et de télégestion

Une synergie existe entre les techniciens sur site et les gestionnaires de la Province à Namur. Une bonne communication s’instaure entre ces derniers et les interventions se font bien plus souvent de façon conditionnelle ou préventive que curative. En effet, les agents techniques de la cellule énergie font un tour systématique, parfois journalier, sur les synoptiques dédiés à chaque site, afin de superviser le bon fonctionnement du HVAC. Les pannes, dérives, alarmes… éventuelles sont analysées et conduisent à des actions immédiates, soit par les techniciens locaux, soit par les chauffagistes délégués par la Province.

Le futur

Le futur sera résolument dans le «cloud », puisque l’intégration de la nuagique se trouve déjà dans les cartons de la cellule énergie de la Province. Les évolutions se feront à divers niveaux. En ce qui concerne le matériel, de nouveaux postes de télégestion multi-écrans seront mis en place. Le cahier des charges qui sera présenté aux partenaires doit encore être peaufiné. Il devra aussi tenir compte des objectifs de la Province, qui veut regrouper ses services dans un nombre plus restreint de sites. Des plans semblent exister pour ériger une Cité Administrative Provinciale à Namur qui serait occupée par 300 à 400 fonctionnaires. Elle serait bien sûr à basse énergie et connectée sur la GTC. Des afficheurs de consommation sensibiliseront le personnel à consommer de manière durable.

Contact : Patrick Paquet – +32 475441319